DUERP est le sigle du document unique d’évaluation des risques
professionnels. C’est le document dans lequel un employeur écrit les risques de son
activité et ce qu’il met en place pour protéger ses salariés. Voici la définition
en trente secondes, puis le détail, chaque règle avec son article.
Publié le 10 septembre 2026 · Textes vérifiés sur Légifrance et code.travail.gouv.fr
le 10 septembre 2026.
En bref
DUERP se déplie en « document unique d’évaluation des risques professionnels ».
L’employeur y transcrit les résultats de son évaluation des risques, unité
de travail par unité de travail, avec les actions de prévention qu’il retient.
Il s’impose dès le premier salarié, sans seuil
d’effectif ni condition de secteur, en application de l’article R4121-1
du code du travail.
Il se met à jour dans trois cas : au moins chaque année dans les entreprises
d’au moins 11 salariés, lors de toute décision d’aménagement important modifiant
les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail, et lorsqu’une
information supplémentaire intéressant l’évaluation d’un risque est portée à la
connaissance de l’employeur. Il se conserve pendant 40 ans au moins.
Le code du travail demande deux choses à l’employeur, dans cet ordre. D’abord évaluer
les risques pour la santé et la sécurité de ses salariés. Ensuite écrire le résultat
de cette évaluation quelque part. Ce « quelque part » porte un nom dans le texte :
un document unique.
Le texte, mot pour mot
« L’employeur transcrit et met à jour dans un document unique les résultats
de l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs
à laquelle il procède en application de l’article L. 4121-3. Cette évaluation
comporte un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail
de l’entreprise ou de l’établissement, y compris ceux liés aux ambiances
thermiques. »
Un détail que peu de pages signalent : le sigle DUERP est absent de la loi
Le code du travail écrit le nom en toutes lettres, « document unique d’évaluation
des risques professionnels », à l’article L4121-3-1, ou parle simplement d’« un document
unique » à l’article R4121-1. Le sigle DUERP, lui, reste un usage professionnel :
il figure dans les fiches pratiques de l’administration et dans le langage des services
de prévention, jamais dans un article de code.
Conséquence pratique pour vous : DUERP, DUER, DU et document unique désignent
le même document. Le sigle employé dans vos courriers ou sur votre page de garde
reste sans effet sur vos obligations. Le contenu, lui, compte.
La réponse de l’administration tient en un mot, la traçabilité. Voici la même
réponse, vue de votre comptoir.
Il met par écrit ce que vous savez déjà
Vous connaissez l’endroit qui glisse après le passage de la serpillière, le carton
rangé trop haut, le samedi où la caisse ne désemplit pas. Le document rassemble
ces observations et les rend lisibles par quelqu’un d’autre que vous.
Il porte vos actions de prévention
Voici le point le plus souvent oublié. Dans les entreprises de moins de 50 salariés, les actions de prévention se consignent dans le document
unique et dans ses mises à jour. Un document qui liste les risques sans porter
les mesures reste donc à moitié fait.
Lors d’un contrôle de l’inspection du travail, après un accident, ou à la demande
d’un salarié, ce document est ce que l’on vous demande en premier. Il montre que
l’évaluation a eu lieu, et à quelle date.
Il se partage, et il se transmet
L’article ouvre l’accès à sept catégories de personnes : vos salariés, vos anciens
salariés pour les versions en vigueur durant leur activité, les membres de la délégation
du personnel du comité social et économique, le service de prévention et de santé au
travail, les agents du système d’inspection du travail, les agents des services de
prévention des organismes de sécurité sociale, les agents des organismes professionnels
de santé, de sécurité et des conditions de travail, et les inspecteurs de la
radioprotection pour les résultats liés aux rayonnements ionisants. Le document part
également vers votre service de prévention et de santé au travail à chaque mise à jour.
Articles R4121-4
(version en vigueur depuis le 31 mars 2022)
et L4121-3-1 (VI) du code du travail.
Qui est concerné par le DUERP ?
Tout employeur, dès la première embauche. Ensuite, deux seuils
d’effectif ajoutent chacun une obligation. Voici les trois marches, dans l’ordre.
1
Dès le premier salarié
Le document devient obligatoire à la première embauche, quelle que soit la taille
de l’entreprise et quel que soit le secteur. Un apprenti, un contrat court
ou un temps partiel déclenchent l’obligation au même titre qu’un contrat
à durée indéterminée.
Articles L4121-3
et R4121-1 du code du travail ;
fiche F35360,
vérifiée le 22 juillet 2026 : obligatoire « dès l’embauche du 1er salarié ».
2
À partir de 11 salariés
La mise à jour a lieu
au moins chaque année. C’est le premier des trois cas
de mise à jour. Sous 11 salariés, la mise à jour « peut être moins fréquente », sous réserve que soit garanti « un niveau équivalent de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs » (article L4121-3). La décision d’aménagement important et l’information supplémentaire sur un risque valent, elles, pour toutes les entreprises, dès le premier salarié.
Les résultats de l’évaluation débouchent sur un programme annuel de prévention
des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail. En dessous
de 50 salariés, les actions de prévention se consignent dans le document
unique lui-même.
L’obligation naît de l’embauche. La fiche officielle la présente comme
obligatoire « dans toutes les entreprises dès l’embauche du 1er salarié ».
Un dirigeant qui travaille seul se situe donc en dehors de ce champ. La première
embauche, elle, fait entrer l’entreprise dans la règle le jour même.
Le code fixe le cœur du contenu en une phrase :
un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de
travail. Autour de cet inventaire, l’usage professionnel a stabilisé quatre
éléments, que voici.
Ce qui entre dans
le document unique, et ce qui en sort.
Les unités de travail
C’est la façon de découper votre établissement. Une unité de travail regroupe
des situations d’exposition comparables : votre surface de vente, votre réserve,
votre bureau, votre laboratoire. L’Institut national de recherche et de sécurité
décrit trois manières de la définir, par lieu, par métier ou poste, ou par degré
d’autonomie, et met en garde contre un découpage poste par poste, coûteux
et peu exploitable.
Pour chaque unité de travail, vous listez les situations dangereuses réelles :
la manutention des cartons, le sol glissant, l’escabeau, l’écran, l’incivilité
au comptoir, l’ambiance thermique. Le texte cite d’ailleurs les ambiances thermiques
en toutes lettres. Chaque ligne décrit une situation, pas une généralité.
La cotation, une pratique plutôt qu’une règle
Voici une nuance utile à connaître. Le code du travail demande l’inventaire
et laisse libre la manière de hiérarchiser. L’INRS propose des critères
d’appréciation, le nombre de personnes exposées, la durée d’exposition, la gravité
potentielle, afin de hiérarchiser, prioriser et planifier les actions. Beaucoup
d’entreprises croisent une fréquence et une gravité pour obtenir un score et une
couleur. Cette méthode aide à trier, elle relève du choix de l’employeur.
Pour chaque risque retenu, vous notez ce qui existe déjà et ce que vous prévoyez,
avec un responsable et une échéance. Sous 50 salariés, ces actions se consignent
dans le document unique et dans ses mises à jour. Au-delà, elles prennent la forme
d’un programme annuel qui fixe pour chaque mesure ses conditions d’exécution,
ses indicateurs de résultat et l’estimation de son coût.
La réglementation fixe le contenu et la durée de conservation, et laisse la forme
libre, sur papier ou sous forme dématérialisée. Chaque entreprise s’organise comme
elle le souhaite, ce que l’OPPBTP formule sans détour dans ses réponses aux entreprises.
Un tableau tenu proprement vaut donc un logiciel, à condition que le contenu y soit.
Que dit le code du travail si le document manque ?
Deux voies existent, et elles suivent des chemins séparés. Les voici telles
qu’elles sont écrites.
Voie pénale
Le fait de manquer à la transcription ou à la mise à jour des résultats
de l’évaluation des risques est puni de l’amende prévue pour les contraventions
de 5e classe : 1 500 € au maximum pour une personne physique,
7 500 € pour une personne morale. Ces montants passent à 3 000 € et 15 000 €
en cas de récidive.
En l’absence de document unique, l’administration peut adresser un avertissement
à l’employeur ou prononcer une amende administrative de 4 000 €
au maximum, applicable autant de fois qu’il y a de travailleurs concernés.
La décision revient au directeur régional de l’économie, de l’emploi, du travail
et des solidarités, sur rapport de l’inspection du travail, sous réserve de l’absence
de poursuites pénales. Le plafond double en cas de nouveau manquement constaté dans
les 2 ans qui suivent la notification d’une première amende, et il augmente de moitié
en cas de nouveau manquement dans l’année
qui suit un avertissement.
L’administration prévient par écrit avant de décider.
Elle indique le manquement retenu et la sanction envisagée, puis elle laisse un mois
pour présenter ses observations, délai prorogeable d’un mois. Elle tient compte des
circonstances, de la gravité, du comportement de l’employeur et de sa bonne foi,
ainsi que de ses ressources et de ses charges, pour choisir entre l’avertissement
et l’amende puis pour en fixer le montant. La décision se conteste devant
le tribunal administratif.
Ces deux voies suivent des chemins séparés.
L’article L8115-1 ouvre l’amende administrative « sous réserve de l’absence
de poursuites pénales », de sorte que l’administration laisse la main au juge
dès que le pénal est engagé. Les montants des deux encadrés s’excluent donc : l’un
ou l’autre, jamais les deux.
Deux précisions que beaucoup de publications manquent
Sur la date. De nombreuses pages citent une loi du 11 mai 2026.
Le 11 mai correspond à l’adoption définitive du texte par le Parlement. La loi
elle-même porte la date du 25 juin 2026, et ses dispositions sur le document unique
sont en vigueur depuis le 27 juin 2026.
Sur le périmètre. Le 6° de l’article L8115-1 du code du travail
ouvre l’amende administrative « en cas d’absence du document ». Le défaut de
transcription ou de mise à jour des résultats de l’évaluation relève, lui, de la
contravention de 5e classe de l’article R4741-1. L’amende administrative
se prononce « sous réserve de l’absence de poursuites pénales », et l’administration
informe d’abord l’employeur par écrit du manquement retenu, en l’invitant à présenter
ses observations, article L8115-5.
Ces montants sont des plafonds. Ils figurent ici
parce qu’ils font partie du cadre, et parce qu’un employeur a le droit de les connaître
avant d’agir. Le document, lui, se rédige au calme.
Le détail des deux voies, article par article, se lit sur la page
amende DUERP.
Les questions que les employeurs posent
Cinq questions revenues le plus souvent, avec
leur article. Cliquez pour déplier.
Mon entreprise compte deux salariés. Le DUERP me concerne-t-il vraiment ?
Oui. Le seuil se situe
à 1 salarié, pas à 10 ni à 11. Deux salariés,
un seul apprenti ou un contrat court de trois mois placent votre entreprise
dans la même obligation qu’une société de quarante personnes. Le contenu, lui,
se règle sur votre réalité : deux salariés dans une boutique, cela donne
un document court et précis.
L’article R4121-2 du code du travail pose trois cas de mise
à jour du document unique.
Au moins chaque année, dans les entreprises d’au moins
11 salariés.
Lors de toute décision d’aménagement important modifiant
les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail : un nouvel
équipement, un déménagement, une embauche sur un poste nouveau.
Lorsqu’une information supplémentaire intéressant l’évaluation
d’un risque est portée à la connaissance de l’employeur : un produit
nouveau, un accident, une recommandation nouvelle.
Sous 11 salariés, la mise à jour « peut être moins fréquente », sous réserve que soit garanti « un niveau équivalent de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs » (article L4121-3). La décision d’aménagement important et l’information supplémentaire sur un risque valent, elles, pour toutes les entreprises, dès le premier salarié.
40 ans au moins, à compter de l’élaboration
de chaque version. La durée porte sur le document et sur ses versions antérieures :
la version de cette année remplace la précédente sans l’effacer. La conservation
se fait dans l’entreprise, sur papier ou sous forme dématérialisée. Un dossier
nommé par année, sauvegardé à deux endroits, suffit à tenir cette obligation.
Articles L4121-3-1
et R4121-4 du code du travail,
R4121-4 dans sa version en vigueur depuis le 31 mars 2022, pris en application
de la loi n° 2021-1018 du 2 août 2021.
Qui peut consulter le DUERP ?
L’article énumère sept catégories : vos salariés et
vos anciens salariés pour les versions en vigueur pendant leur activité, les membres
de la délégation du personnel du comité social et économique, votre service de
prévention et de santé au travail, les agents du système d’inspection du travail,
les agents des services de prévention des organismes de sécurité sociale, les agents
des organismes professionnels de santé, de sécurité et des conditions de travail,
catégorie qui comprend l’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des
travaux publics, et les inspecteurs de la radioprotection pour les
résultats liés aux rayonnements ionisants. Le document lui-même reste rangé :
ce qui s’affiche, c’est un avis indiquant où le consulter,
à une place convenable et aisément accessible.
DUERP, DUER, document unique : quelle différence ?
Ces trois formes désignent le même document. Le code du travail écrit
« document unique » à l’article R4121-1 et « document unique d’évaluation
des risques professionnels » à l’article L4121-3-1.
Le sigle DUERP appartient à l’usage, jamais au texte
de loi. DUER est une forme plus ancienne, encore visible dans
d’anciennes adresses de sites. Le titre que vous portez sur votre page de garde
reste libre.
Vous avez la définition. Reste la question suivante, celle qui compte vraiment :
quelles obligations pèsent sur votre établissement, avec votre effectif et votre
activité. Six questions y répondent, gratuitement, sans compte ni adresse e-mail,
et chaque réponse porte son article.
Cette page est écrite par L’ESSENTIEL DUERP, à partir des
publications de l’Institut national de recherche et de sécurité et des textes du code
du travail. Chaque ligne porte sa source.
Chaque affirmation juridique de cette page porte
son article, sa version en vigueur et son lien vers Légifrance,
code.travail.gouv.fr ou service-public.gouv.fr. Textes ouverts et vérifiés
le 10 septembre 2026.
Outil d’aide à la rédaction. Ne constitue ni un conseil
juridique ni une intervention en prévention. L’employeur réalise l’évaluation, valide
le contenu et reste seul responsable de son document. Cette page présente
des informations à caractère documentaire, elle ne répond à aucune situation
individuelle.