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Les vingt risques · Fiche 11

Risques et nuisances liés au bruit

Le bruit fait deux choses différentes, et le code du travail les traite différemment. Il fatigue, gêne la parole et use les nerfs. Et, au-delà de certains niveaux, il détruit l’audition sans prévenir et sans retour possible. Les deux entrent dans votre document unique d’évaluation des risques professionnels, avec des cotations qui se distinguent.

Publié le 11 septembre 2026, mis à jour le 14 septembre 2026 · 29 situations de risque, écrites à partir des publications de l’INRS ouvertes le 11 septembre 2026.

En bref

  • Trois seuils commandent tout, exprimés en exposition quotidienne : 80, 85 et 87 décibels pondérés A.
  • Un repère de terrain revient dans nos lignes : si deux personnes doivent élever la voix pour se comprendre à un mètre, l’exposition approche le premier seuil.
  • La surdité professionnelle irréversible apparaît dans 9 de nos 29 lignes, et elle figure au tableau n° 42 des maladies professionnelles du régime général.
  • Sur cette fiche, 1 ligne sort en vert, et nous la gardons telle quelle : un bruit qui fatigue sans abîmer l’oreille reste un bruit qui fatigue.

Ce que ça produit comme dommage

Les dommages réversibles dominent en nombre : fatigue auditive, fatigue nerveuse, acouphènes, gêne de la communication, stress, maux de tête, troubles du sommeil, irritabilité, fatigue vocale, erreurs de saisie et de commande.

Les dommages irréversibles sont nommés séparément : surdité professionnelle irréversible, acouphènes durables, traumatisme sonore aigu, atteinte auditive après plusieurs années d’exposition.

Un troisième effet demande de l’attention, parce qu’il produit un accident plutôt qu’une maladie : le signal que l’on n’entend pas. L’avertisseur d’un engin, l’alarme incendie ou l’appel d’un collègue couvert par l’ambiance sonore.

Dommages relevés ligne par ligne, colonne « Dommages possibles » de notre matrice, fiche 11.

Où ça arrive

  • Risques transversaux, 5 lignes : l’ambiance sonore continue, le signal couvert, les protections laissées au poste sans vérification, et l’exposition qui reste à estimer.
  • Atelier, 3 lignes ; chantier de construction et bureau et accueil, 2 lignes chacun.
  • Viennent ensuite 15 autres espaces, avec une ligne chacun : espace de vente, salle de restauration, cuisine, laboratoire, espace de soin, cabinet, atelier mécanique, atelier de carrosserie, véhicule, exploitation, zone de déchets, local technique, poste extérieur, poste de gardiennage, salle d’activité de jeunes enfants, domicile et intervention chez le client.

Les espaces cités ici sont tous ouverts dans le parcours : chaque ligne sort dans votre document dès que vos réponses montrent qu’elle vous concerne.

Quels métiers

Les secteurs les plus concernés sont l’association et le club sportif, la construction, la métallurgie et la petite fabrication, l’agriculture, la gestion des déchets, la restauration, la transformation alimentaire, l’automobile et la réparation, l’intervention chez le client.

Le commerce en porte 5, par la sonorisation, le groupe froid et les machines de préparation. Le bureau en porte 3, par le plateau partagé et le travail au casque.

Codes de secteur portés en colonne « Secteurs impactés » de notre matrice, fiche 11.

Cinq situations, telles qu’elles sortent de la matrice

Chaque ligne porte deux chiffres, la fréquence d’exposition et la gravité du dommage le plus grave qui reste plausible. Sur le bruit, la gravité sépare nettement la gêne, qui reste réversible, de l’atteinte auditive, qui ne l’est pas.

12/16 Prioritaire
Salle de restauration
Le serveur ou le barman passe la soirée entière dans une salle sonorisée et pleine, à proximité directe des enceintes, et il finit son service la voix cassée et les oreilles qui sifflent.
Dommages possibles : surdité professionnelle irréversible après plusieurs années, acouphènes persistants, fatigue auditive, fatigue vocale, troubles du sommeil, stress.

Pourquoi cette cotation. Gravité 3 et fréquence 4 retenues pour un service tenu toute la soirée à proximité des enceintes, où l’exposition répétée produit une atteinte auditive irréversible. Cette ligne descend en fréquence 2 dans un établissement qui sonorise seulement quelques soirées par mois, et elle reste prioritaire pour un poste de bar situé dans l’axe des enceintes.

Fréquence 4 sur 4, gravité 3 sur 4 · Articles R4431-2, R4434-7, R4435-2 et R4436-1 du code du travail · INRS ED 6510, Les protections auditives, septembre 2023.

9/16 À traiter
Risques transversaux
Le niveau sonore des postes reste à estimer, et l’exposition réelle des salariés demeure inconnue au regard des valeurs fixées par le code du travail.
Dommages possibles : exposition prolongée ignorée, atteinte auditive découverte tardivement, absence de protection aux postes qui en auraient besoin, contentieux en cas de maladie professionnelle.

Pourquoi cette cotation. Gravité 3 et fréquence 3 retenues pour une exposition qui reste à estimer sur des postes bruyants fréquentés chaque semaine, où l’atteinte auditive se découvre tardivement. Une entreprise dont plusieurs postes échouent au test de communication à un mètre, ou qui emploie depuis des années des salariés exposés sans aucune évaluation, passe en fréquence 4 et devient prioritaire.

Fréquence 3 sur 4, gravité 3 sur 4 · Articles R4433-1, R4431-2, R4435-2 et R4436-1 du code du travail · INRS ED 6035, Évaluer et mesurer l’exposition professionnelle au bruit, mars 2013.

8/16 À traiter
Risques transversaux
Le salarié passe sa journée dans une ambiance sonore continue, sonorisation, machines et voix du public mêlées, et il finit son service avec les oreilles qui bourdonnent.
Dommages possibles : fatigue auditive, bourdonnements et sifflements en fin de journée, gêne de la communication, fatigue nerveuse, troubles du sommeil, atteinte auditive si l’exposition se prolonge sur des années.

Pourquoi cette cotation. Gravité 2 et fréquence 4 retenues pour une ambiance sonore continue subie toute la journée, qui produit une fatigue auditive et des bourdonnements réversibles. Un poste où le test de communication échoue à un mètre, soit une exposition proche de 80 décibels pondérés A sur 8 heures, porte une atteinte irréversible et se cote en gravité 3.

Fréquence 4 sur 4, gravité 2 sur 4 · Articles R4433-1, R4435-2 et R4436-1 du code du travail · INRS, dossier Bruit, mise à jour du 26 octobre 2022.

4/16 À surveiller
Espace de vente
La sonorisation du magasin, les annonces, le groupe froid et les machines de préparation tournent toute la journée, et le vendeur doit élever la voix pour renseigner un client.
Dommages possibles : fatigue vocale et extinction de voix, fatigue nerveuse, maux de tête, baisse de vigilance en fin de journée, gêne pour entendre un signal ou une demande.

Pourquoi cette cotation. Gravité 1 et fréquence 4 retenues pour une sonorisation et des équipements qui tournent toute la journée en surface de vente, où la gêne fatigue la voix sans atteindre l’audition. Une surface de vente où le vendeur doit élever la voix pour se faire comprendre à un mètre relève de l’exposition lésionnelle et se cote au moins à traiter.

Fréquence 4 sur 4, gravité 1 sur 4 · Article R4433-1 du code du travail · INRS ED 6103, Traitement acoustique des locaux de travail, mai 2026.

3/16 Acceptable
Bureau et accueil
Le salarié traite un dossier qui demande de la concentration dans un bureau partagé, pendant que des collègues téléphonent et que les passages se succèdent derrière lui.
Dommages possibles : fatigue cognitive, perte de concentration, erreurs de saisie, irritabilité, maux de tête en fin de journée, élévation involontaire de la voix et fatigue vocale.

Pourquoi cette cotation. Gravité 1 et fréquence 3 retenues pour un bureau partagé où la gêne fatigue et fait perdre le fil sans jamais atteindre l’audition, ce qui sort la ligne en vert. Un plateau de plus de dix postes, un local nu et réverbérant, ou un bruit qui oblige à élever la voix à un mètre, fait basculer la ligne du côté de l’exposition lésionnelle et se cote au moins à surveiller.

Fréquence 3 sur 4, gravité 1 sur 4 · Articles R4433-1 et L4121-2 du code du travail · INRS ED 6402, Environnement sonore en bureaux ouverts, mars 2026.

Une ligne verte reste une ligne écrite. Elle montre que la situation a été regardée et qu’elle se surveille, plutôt que classée sans suite. Un document où tout serait rouge fatiguerait le lecteur et finirait dans un tiroir.

Ce que la loi demande

Les articles ci-dessous sont ceux que portent les lignes de cette fiche, dans la colonne « Article » de notre matrice. Chaque lien ouvre le texte sur code.travail.gouv.fr, qui affiche sa version en vigueur.

  • Trois niveaux fixés par le code. Valeurs limites d’exposition, 87 décibels pondérés A en exposition quotidienne et 140 décibels pondérés C en pression acoustique de crête. Valeurs supérieures déclenchant l’action, 85 et 137. Valeurs inférieures déclenchant l’action, 80 et 135. Article R4431-2 du code du travail, version en vigueur depuis le 1er mai 2008
  • L’exposition s’évalue, et au besoin se mesure. L’employeur évalue et, si nécessaire, mesure les niveaux de bruit auxquels les travailleurs sont exposés. Parmi nos lignes, 10 s’y rattachent. Article R4433-1 du code du travail
  • Les protections auditives suivent les seuils. Au-delà des valeurs inférieures, l’employeur met des protecteurs auditifs individuels à disposition. À partir des valeurs supérieures, il veille à ce qu’ils soient effectivement utilisés. Article R4434-7 du code du travail, version en vigueur depuis le 1er mai 2008
  • Le dépassement appelle un programme de mesures. L’article porte l’action à conduire lorsque l’exposition dépasse les valeurs déclenchant l’action. Article R4435-2 du code du travail
  • Le salarié exposé reçoit information et formation. Sur nos 29 lignes, 24 citent cet article, le plus présent de la fiche. Article R4436-1 du code du travail

Articles relevés dans notre matrice, fiche 11, le 14 septembre 2026. La surdité provoquée par les bruits lésionnels figure au tableau n° 42 des maladies professionnelles du régime général, consultable sur le site de l’INRS.

Ce que nous faisons pour vous

Ce risque occupe 29 lignes de notre matrice. Vous répondez à des questions sur votre activité et sur vos locaux, et seules les lignes que vos réponses appellent entrent dans votre document unique. Chacune arrive avec sa situation écrite, ses dommages, ses personnes exposées, sa cotation par défaut, ses protections déjà courantes, ses mesures à prévoir, sa source et son article.

Vous gardez la main sur tout : vous déplacez une cotation, vous retirez une ligne qui ne vous concerne pas, vous écrivez vos propres mesures. Le document sort en PDF prêt à signer, avec son classeur Excel de suivi et l’avis d’accès à afficher en dernière page.

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À partir de 79 €, prix fixe selon votre secteur. TVA non applicable, article 293 B du code général des impôts. Pour aller plus loin : les vingt risques de notre matrice, vérifier mes obligations, ou comprendre le DUERP.

Comment cette page est écrite

Cette page est écrite par L’ESSENTIEL DUERP, à partir des publications de l’Institut national de recherche et de sécurité et des textes du code du travail. Chaque ligne porte sa source.

Les situations, les cotations et les phrases de justification de cette page viennent de notre matrice de risques, écrite à partir des publications de l’INRS ouvertes le 11 septembre 2026. Chaque article cité ouvre sur code.travail.gouv.fr, qui affiche sa version en vigueur.

Outil d’aide à la rédaction. Ne constitue ni un conseil juridique ni une intervention en prévention. L’employeur réalise l’évaluation, valide le contenu et reste seul responsable de son document. Cette page présente des informations à caractère documentaire, elle ne répond à aucune situation individuelle. Les cotations proposées sont des points de départ, à reprendre au regard de votre propre organisation.