Composermon DUERP
Les vingt risques · Fiche 02

Risques de chutes de hauteur

Une chute de hauteur, c’est tomber d’un niveau vers un niveau plus bas : un escabeau, une échelle, une mezzanine, un quai, un plateau de camion, une toiture. Ce risque entre dans votre document unique d’évaluation des risques professionnels dès qu’un salarié quitte le sol, même de quelques dizaines de centimètres, et il figure parmi ceux qui tuent.

Publié le 11 septembre 2026, mis à jour le 14 septembre 2026 · 60 situations de risque, écrites à partir des publications de l’INRS ouvertes le 11 septembre 2026.

En bref

  • Le haut de rayon, l’archive du bureau et la mezzanine de réserve suffisent à ouvrir ce risque : la faible hauteur blesse aussi, et elle concerne tous les commerces.
  • Le décès apparaît dans 31 des 60 lignes de cette fiche, et l’invalidité permanente dans 8 d’entre elles.
  • Les 23 espaces de la grille sont concernés, ainsi que les rubriques communes à tout l’établissement, du chantier de construction à la simple armoire d’archives.
  • L’article qui commande tout est R4323-63 : l’échelle, l’escabeau et le marchepied servent à accéder, leur usage comme poste de travail reste interdit, sauf les deux cas que le texte énumère.

Ce que ça produit comme dommage

Les dommages nommés dans nos lignes se concentrent sur le lourd : décès, polytraumatisme, invalidité permanente, traumatisme crânien, fracture. L’entorse et l’arrêt de travail long apparaissent sur les hauteurs les plus faibles, la descente de cabine ou la marche d’escabeau.

Deux mécanismes reviennent et demandent à être distingués : la chute depuis un équipement qui bascule ou qui glisse, et la chute à travers un support qui cède, plaque de couverture, lanterneau, platelage posé sans fixation. Le second surprend le salarié, parce que la surface paraît porteuse.

Dommages relevés ligne par ligne, colonne « Dommages possibles » de notre matrice, fiche 02.

Où ça arrive

  • Chantier de construction, 11 lignes : rive de plancher, trémie, fouille, couverture fragile, rive de toit, accès à la toiture, échafaudage de pied, échafaudage roulant, nacelle élévatrice, échafaudage resté en place plusieurs semaines, harnais jamais vérifié.
  • Réserve et stockage, 6 lignes : plateforme individuelle roulante, escabeau, échelle, bord de quai, trappe de mezzanine, trémie du compacteur.
  • Espace de vente, 4 lignes : plateforme individuelle roulante, escabeau en haut de rayon, échelle employée comme poste de travail, escalier descendu les bras chargés.
  • Salle de restauration, 3 lignes : l’ampoule au-dessus des tables, la décoration saisonnière, la trappe de cave derrière le bar. Zone de tri et de stockage de déchets, 3 lignes : le quai qui surplombe la benne, la montée dans la benne, la trémie du compacteur.
  • Risques transversaux, 3 lignes : l’échelle appuyée sur la façade, l’escabeau acheté il y a des années, l’entreprise extérieure qui intervient en hauteur ; exploitation, plein champ, élevage, 3 lignes.
  • Véhicule et livraisons, cuisine, laboratoire, terrasse, poste extérieur, poste de gardiennage, salle d’activité de jeunes enfants et atelier de carrosserie, 2 lignes chacun.
  • Bureau et accueil, 1 ligne ; vestiaires et sanitaires, 1 ligne ; atelier, 1 ligne ; atelier mécanique, 1 ligne ; local technique, 1 ligne ; cabinet médical, 1 ligne ; espace de soin, 1 ligne ; intervention chez le client, 2 lignes ; domicile du particulier, 2 lignes.

Les espaces cités ici sont tous ouverts dans le parcours : chaque ligne sort dans votre document dès que vos réponses montrent qu’elle vous concerne.

Quels métiers

Les vingt-cinq secteurs de notre nomenclature portent au moins une ligne. Ceux qui en portent le plus sont l’association employeuse et la petite structure, la restauration et les débits de boissons, le commerce de détail alimentaire et les métiers de bouche, le commerce de détail non alimentaire, l’hôtellerie, l’énergie, les réseaux et les services publics, l’intervention chez le client et le dépannage.

Suivent la gestion des déchets, le nettoyage et la propreté, la construction et le bâtiment, la transformation alimentaire, le transport léger et la livraison, l’éducation et l’accueil de jeunes enfants, le textile et l’habillement.

Codes de secteur portés en colonne « Secteurs impactés » de notre matrice, fiche 02.

Cinq situations, telles qu’elles sortent de la matrice

Chaque ligne porte deux chiffres, la fréquence d’exposition et la gravité du dommage le plus grave qui reste plausible. Leur produit donne un score sur 16 et une couleur. Un dommage mortel, même rare, se cote au minimum « À traiter » : c’est un plancher que l’application tient toute seule.

12/16 Prioritaire
Espace de vente
Un salarié travaille depuis une échelle en surface de vente, pour régler un éclairage, fixer une signalétique ou habiller une vitrine. Le danger : échelle employée comme poste de travail, alors que le code du travail réserve cet usage à l’impossibilité technique de recourir à une protection collective, ou à des travaux courts et non répétitifs dont l’évaluation a établi que le risque est faible.
Dommages possibles : chute de hauteur, fracture, traumatisme crânien, invalidité, décès.

Pourquoi cette cotation. Gravité 4 parce que le travail depuis une échelle, sans plateforme ni garde-corps, tue, fréquence 3 pour le contexte d’un réglage d’éclairage ou d’un habillage de vitrine fait chaque semaine, brièvement. La ligne resterait à traiter par le seul plancher de gravité 4, et elle monte encore quand l’échelle sert de poste de travail plusieurs heures par jour, ou quand elle se pose sur un sol lisse sans stabilisateur.

Fréquence 3 sur 4, gravité 4 sur 4 · Articles R4323-63, R4323-84, R4323-87 et R4323-88 du code du travail · INRS ED 6451, Sécuriser les interventions de faible hauteur, novembre 2021.

12/16 Prioritaire
Chantier de construction
Un salarié circule ou s’appuie sur une couverture en plaques fibres-ciment, en bacs acier non fixés, sur une plaque translucide ou un lanterneau, pour poser une antenne, nettoyer un chéneau ou reprendre une fuite. Le danger : matériau de couverture qui cède sous le poids d’une personne, le vieillissement et l’exposition aux intempéries réduisant encore sa résistance.
Dommages possibles : chute à travers la couverture, polytraumatisme, invalidité permanente, décès.

Pourquoi cette cotation. Gravité 4 parce que le passage à travers une plaque fibres-ciment ou un lanterneau tue, ce matériau cédant sous le poids d’une personne, fréquence 3 pour le contexte d’une intervention sur couverture faite chaque semaine en entreprise de couverture ou d’entretien. La ligne se tient déjà au niveau le plus haut, et elle y reste dès que la couverture a vieilli sous les intempéries.

Fréquence 3 sur 4, gravité 4 sur 4 · Articles R4224-8, R4534-88, R4534-89 et R4534-93 du code du travail · INRS, dossier Chutes de hauteur, exemples d’exposition au risque, mise à jour du 21 avril 2023.

9/16 À traiter
Espace de vente
Un salarié monte sur un escabeau ou un marchepied pour attraper un article posé en haut de rayon. Le danger : escabeau ou marchepied dépourvu de garde-corps, appui incertain dès que les deux mains servent à saisir l’article.
Dommages possibles : chute de hauteur, entorse, fracture, traumatisme crânien.

Pourquoi cette cotation. Gravité 3 parce que la chute depuis un escabeau laisse une fracture et un traumatisme crânien, et que l’INRS attribue aux échelles et escabeaux plus de 16 % des chutes suivies d’une incapacité permanente, fréquence 3 pour le contexte d’une montée quotidienne et brève en haut de rayon. La ligne monte quand la prise de l’article demande les deux mains, quand l’escabeau se pose sur un sol irrégulier, ou quand la hauteur d’accès dépasse le troisième niveau de rayonnage.

Fréquence 3 sur 4, gravité 3 sur 4 · Articles R4323-63, R4323-82 et R4322-1 du code du travail · INRS, dossier Chutes de hauteur, équipements d’accès en hauteur, mise à jour du 21 avril 2023.

8/16 À traiter
Réserve et stockage
Un salarié transfère des colis depuis la mezzanine vers le niveau bas, au droit de la trappe ouverte. Le danger : bordure de vide et trappe de transfert ouverte pendant la manutention, plancher dont la charge admissible reste inconnue.
Dommages possibles : chute de hauteur, fracture, traumatisme crânien, invalidité, décès.

Pourquoi cette cotation. Gravité 4 parce que la chute par une trappe ouverte d’un niveau à l’autre tue, fréquence 2 pour le contexte d’un transfert de colis depuis la mezzanine fait quelques fois par mois. La ligne resterait à traiter par le seul plancher de gravité 4, et elle monte quand le transfert devient quotidien, quand la charge admissible du plancher reste inconnue, ou quand la trappe reste ouverte en permanence.

Fréquence 2 sur 4, gravité 4 sur 4 · Articles R4224-5, R4323-59 et R4323-65 du code du travail · INRS ED 840, Évaluation des risques professionnels, 8ᵉ édition, octobre 2023, fiche 2.

6/16 À surveiller
Bureau et accueil
Un salarié monte sur un siège à roulettes, un carton ou le bord d’un meuble pour atteindre une archive rangée en haut d’une armoire. Le danger : appui instable, siège qui pivote ou roule sous le pied, absence de prise pour la main.
Dommages possibles : chute, fracture, entorse, traumatisme crânien.

Pourquoi cette cotation. Gravité 3 parce que la chute depuis un siège à roulettes qui pivote laisse une fracture et un traumatisme crânien, avec une incapacité partielle possible, fréquence 2 pour le contexte d’un accès à une archive haute fait quelques fois par mois. La ligne monte quand l’archivage devient une tâche régulière, quand le bureau reste sans marchepied, ou quand le rangement dépasse la hauteur d’épaule sur toute une paroi.

Fréquence 2 sur 4, gravité 3 sur 4 · Articles R4323-63 et R4323-82 du code du travail · INRS ED 6451, Sécuriser les interventions de faible hauteur, novembre 2021.

La cotation par défaut est un point de départ, jamais un verdict. La hauteur réelle, l’état du matériel, la fréquence de la tâche et la présence d’une protection collective déplacent chaque ligne. Le parcours vous laisse bouger les deux curseurs, et le document garde votre choix.

Ce que la loi demande

Les articles ci-dessous sont ceux que portent les lignes de cette fiche, dans la colonne « Article » de notre matrice. Chaque lien ouvre le texte sur code.travail.gouv.fr, qui affiche sa version en vigueur.

  • Le travail en hauteur se fait depuis un plan de travail. Le texte écrit : « Les travaux temporaires en hauteur sont réalisés à partir d’un plan de travail conçu, installé ou équipé de manière à préserver la santé et la sécurité des travailleurs. » Parmi nos lignes, 32 s’y rattachent. Article R4323-58 du code du travail, version en vigueur depuis le 1er mai 2008
  • L’échelle et l’escabeau servent à accéder. Le texte écrit : « Il est interdit d’utiliser les échelles, escabeaux et marchepieds comme poste de travail. Toutefois, ces équipements peuvent être utilisés en cas d’impossibilité technique de recourir à un équipement assurant la protection collective des travailleurs ou lorsque l’évaluation du risque a établi que ce risque est faible et qu’il s’agit de travaux de courte durée ne présentant pas un caractère répétitif. » L’escabeau figure dans l’interdiction au même rang que l’échelle. Article R4323-63 du code du travail, version en vigueur depuis le 1er mai 2008
  • La prise et l’appui restent sûrs sur une échelle. Le texte écrit : « Les échelles sont utilisées de façon à permettre aux travailleurs de disposer à tout moment d’une prise et d’un appui sûrs. Le port de charges reste exceptionnel et limité à des charges légères et peu encombrantes. Il ne doit pas empêcher le maintien d’une prise sûre. » Article R4323-88 du code du travail, version en vigueur depuis le 1er mai 2008
  • Les puits, trappes et ouvertures de descente sont clôturés. Les passerelles, planchers en encorbellement et leurs accès se conçoivent et se protègent pour éviter la chute des personnes qui les empruntent. Article R4224-5 du code du travail, version en vigueur depuis le 16 mars 2009
  • Le matériel se maintient en état de conformité. Les équipements de travail et moyens de protection restent conformes aux règles techniques applicables lors de leur mise en service, notice d’instructions comprise. C’est l’article qui tient la vérification de l’escabeau, de la plateforme roulante et de l’échelle. Article R4322-1 du code du travail, version en vigueur depuis le 1er mai 2008

Articles relevés dans notre matrice, fiche 02, le 14 septembre 2026. La norme NF EN 131 relève d’une présomption de conformité, et le code du travail ne l’impose pas : cette précision figure dans notre dossier juridique du 10 septembre 2026.

Ce que nous faisons pour vous

Ce risque occupe 60 lignes de notre matrice. Vous répondez à des questions sur votre activité et sur vos locaux, et seules les lignes que vos réponses appellent entrent dans votre document unique. Chacune arrive avec sa situation écrite, ses dommages, ses personnes exposées, sa cotation par défaut, ses protections déjà courantes, ses mesures à prévoir, sa source et son article.

Vous gardez la main sur tout : vous déplacez une cotation, vous retirez une ligne qui ne vous concerne pas, vous écrivez vos propres mesures. Le document sort en PDF prêt à signer, avec son classeur Excel de suivi et l’avis d’accès à afficher en dernière page.

Composer mon DUERP

À partir de 79 €, prix fixe selon votre secteur. TVA non applicable, article 293 B du code général des impôts. Pour aller plus loin : les vingt risques de notre matrice, vérifier mes obligations, ou comprendre le DUERP.

Comment cette page est écrite

Cette page est écrite par L’ESSENTIEL DUERP, à partir des publications de l’Institut national de recherche et de sécurité et des textes du code du travail. Chaque ligne porte sa source.

Les situations, les cotations et les phrases de justification de cette page viennent de notre matrice de risques, écrite à partir des publications de l’INRS ouvertes le 11 septembre 2026. Chaque article cité ouvre sur code.travail.gouv.fr, qui affiche sa version en vigueur.

Outil d’aide à la rédaction. Ne constitue ni un conseil juridique ni une intervention en prévention. L’employeur réalise l’évaluation, valide le contenu et reste seul responsable de son document. Cette page présente des informations à caractère documentaire, elle ne répond à aucune situation individuelle. Les cotations proposées sont des points de départ, à reprendre au regard de votre propre organisation.