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Les vingt risques · Fiche 12

Risques liés aux ambiances thermiques

Le froid et la chaleur agissent sur le corps avant que la personne ne s’en aperçoive. La chambre froide, le quai ouvert en janvier, le bureau sous les combles en août, la terrasse en plein soleil : tout cela entre dans votre document unique d’évaluation des risques professionnels, et les règles sur la chaleur ont changé le 1er juillet 2025.

Publié le 11 septembre 2026, mis à jour le 14 septembre 2026 · 65 situations de risque, écrites à partir des publications de l’INRS ouvertes le 11 septembre 2026.

En bref

  • Les articles R4463-1 à R4463-8 ont été créés par le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, publié le 1er juin 2025 et entré en vigueur le 1er juillet 2025. Ils portent la prévention des risques liés à la chaleur.
  • L’évaluation de la chaleur vaut en toute saison, indépendamment du déclenchement d’une vigilance par Météo-France.
  • Le froid produit deux dommages que l’on confond : la perte de dextérité, qui provoque l’accident, et l’hypothermie, qui tue.
  • Le code du travail fixe une obligation de température convenable plutôt qu’un nombre de degrés. Les repères chiffrés viennent de l’INRS.

Ce que ça produit comme dommage

Côté chaleur, nos lignes nomment la déshydratation, les maux de tête, les crampes, la sudation, le malaise, la perte de connaissance, le coup de chaleur avec une température du corps au-delà de 40,6 degrés, les troubles neurologiques, les convulsions, le décès.

Côté froid, elles nomment le refroidissement général, l’engourdissement des mains, la perte de préhension, les douleurs articulaires, les affections ORL à répétition, les gelures, l’hypothermie sous 35 degrés de température interne, le coma, le décès.

Un dommage se répète dans les deux cas et demande à être dit : les secours retardés faute de témoin, quand la personne travaille seule.

Dommages relevés ligne par ligne, colonne « Dommages possibles » de notre matrice, fiche 12.

Où ça arrive

  • Risques transversaux, 8 lignes : la température qui suit la saison, la vigilance chaleur, le coup de chaleur pris pour de la fatigue, l’hypothermie prise pour de la fatigue, l’eau tiède, le salarié à protéger davantage, l’apprenti en chambre froide ou au fournil, le local à déchets surchauffé l’été.
  • Cuisine, 8 lignes : le piano et la friteuse en plein service, l’huile de friture transvasée chaude, et 4 situations de chambre froide, de la porte ouverte vingt fois par service à l’enfermement.
  • Laboratoire des métiers de bouche, 8 lignes : la journée dans un laboratoire chaud, et 4 situations de chambre froide, dont le passage du fournil à la chambre froide.
  • Réserve et stockage, 4 lignes, dont l’enfermement en chambre froide et le conteneur frigorifique posé dans la cour ; chantier de construction, exploitation et espace de vente, 3 lignes chacun.
  • Terrasse, 2 lignes ; atelier, 3 lignes ; atelier mécanique, 2 lignes ; vestiaires, 2 lignes ; véhicule, 2 lignes ; poste extérieur, 2 lignes ; domicile, 2 lignes ; intervention chez le client, 2 lignes.
  • Bureau et accueil, salle, espace de soin, cabinet, local technique et zone de déchets, 1 ligne chacun.

Les espaces cités ici sont tous ouverts dans le parcours : chaque ligne sort dans votre document dès que vos réponses montrent qu’elle vous concerne.

Quels métiers

Les secteurs les plus concernés sont le commerce de détail alimentaire et les métiers de bouche, la restauration, la transformation alimentaire et l’hôtellerie. Suivent le transport léger et la livraison, l’association et le club sportif, le commerce de détail non alimentaire, l’énergie et les réseaux, l’intervention chez le client, la construction, le nettoyage, l’agriculture.

Le bureau et les services en portent 8 : la chaleur estivale sous une toiture ou derrière une baie vitrée concerne autant un cabinet qu’un atelier.

Codes de secteur portés en colonne « Secteurs impactés » de notre matrice, fiche 12.

Cinq situations, telles qu’elles sortent de la matrice

Chaque ligne porte deux chiffres, la fréquence d’exposition et la gravité du dommage le plus grave qui reste plausible. Parmi les cinq présentées ici, deux portent une mention franche : la fréquence retenue demande un arbitrage selon le métier, et nous le disons plutôt que de le masquer.

8/16 À traiter
Risques transversaux
Un salarié poursuit son travail par forte chaleur alors qu’il a cessé de transpirer, la peau rouge, sèche et brûlante, les propos confus, et l’équipe autour de lui met cela sur le compte de la fatigue.
Dommages possibles : coup de chaleur, température du corps au-delà de 40,6 degrés, troubles neurologiques, convulsions, perte de connaissance, décès.

Pourquoi cette cotation. Gravité 4 pour le coup de chaleur, dont les troubles neurologiques conduisent au décès, et fréquence 2 retenue pour des épisodes de chaleur intense qui reviennent quelques fois par été. La fréquence atteint 3 ou 4 dans les métiers exposés chaque jour d’été, cuisine, toiture, plein champ, ce qui porte le score à 12 ou à 16.

Fréquence 2 sur 4, gravité 4 sur 4 · Articles R4463-6, R4141-2 et L4121-1 du code du travail · INRS ED 6371, Travail par forte chaleur, comment agir ?, mai 2024.

8/16 À traiter
Réserve et stockage
Le salarié entre seul dans la chambre froide, la porte se referme derrière lui et le loquet intérieur reste bloqué ou absent, en fin de service quand le magasin se vide.
Dommages possibles : hypothermie, température interne au-dessous de 35 degrés, gelures, troubles de la conscience, coma, décès.

Pourquoi cette cotation. Gravité 4 pour l’hypothermie et le décès de la personne enfermée, et fréquence 2 retenue pour un commerce qui entre en chambre froide quelques fois par mois. La fréquence atteint 4 en boucherie, en restauration et en entrepôt, où le salarié entre seul chaque jour, ce qui porte le score à 16 et la ligne au rang prioritaire.

Fréquence 2 sur 4, gravité 4 sur 4 · Articles L4121-1 et R4223-15 du code du travail · Assurance maladie risques professionnels, recommandation R 513, juin 2024, prévention du risque d’enfermement en local réfrigéré.

8/16 À traiter
Risques transversaux
Météo-France place le département en vigilance orange, la journée commence comme les autres, et chacun décide dans son coin s’il ralentit, s’il décale ou s’il continue.
Dommages possibles : coup de chaleur, déshydratation, malaise, accident provoqué par la baisse de vigilance, mise en cause de l’employeur faute d’évaluation et de mesures écrites.

Pourquoi cette cotation. Gravité 4 parce que l’absence de mesures écrites laisse survenir le coup de chaleur mortel que les articles R4463-2 et R4463-3 servent à éviter, et fréquence 2 parce que la vigilance chaleur se déclenche quelques fois par été. La fréquence atteint 3 dans les départements du Sud, où les épisodes se répètent, et l’obligation d’évaluer vaut en toute saison, indépendamment du déclenchement de la vigilance.

Fréquence 2 sur 4, gravité 4 sur 4 · Articles R4463-1 à R4463-8 du code du travail, créés par le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, en vigueur depuis le 1er juillet 2025 · arrêté du 27 mai 2025 sur les seuils de vigilance canicule.

4/16 À surveiller
Espace de vente
Le vendeur tient la caisse ou réapprovisionne le rayon frais dans un courant d’air froid permanent, porte d’entrée ouverte sur la rue ou meuble réfrigéré ouvert juste à côté de lui.
Dommages possibles : refroidissement local des jambes, du dos et de la nuque, contractures, douleurs cervicales et d’épaule, affections ORL à répétition, inconfort tout au long du service.

Pourquoi cette cotation. Gravité 1 pour le torticolis et les contractures nées d’un courant d’air sur un muscle immobile, qui se soignent sans arrêt, et fréquence 4 parce que le poste se tient dans ce courant d’air toute la journée. La gravité atteint 2 pour une cervicalgie qui se répète et finit par arrêter le salarié, et la ligne monte dans un magasin dont la porte reste ouverte en plein hiver.

Fréquence 4 sur 4, gravité 1 sur 4 · Articles R4223-13 et R4213-7 du code du travail · INRS ED 6532, Guide d’évaluation des risques liés aux ambiances thermiques, novembre 2024.

4/16 À surveiller
Bureau et accueil
Le bureau se trouve sous les combles ou derrière une baie vitrée plein sud, sans store ni brassage d’air, et la température y monte bien au-delà du confort tous les après-midi d’été.
Dommages possibles : maux de tête, fatigue, baisse de concentration et d’attention, erreurs de saisie, irritabilité, déshydratation, inconfort qui dure des semaines.

Pourquoi cette cotation. Gravité 1 pour les maux de tête, la fatigue et la baisse de concentration, qui se corrigent sans arrêt de travail, et fréquence 4 parce que la chaleur se subit tous les après-midi d’été. La gravité atteint 2 dès que la déshydratation ou l’erreur d’attention produit un dommage, et la ligne monte nettement au-delà du repère INRS de 30 degrés en activité sédentaire.

Fréquence 4 sur 4, gravité 1 sur 4 · Articles R4223-13, R4213-7 et R4225-2 du code du travail · INRS ED 950, Conception des lieux et des situations de travail, août 2025.

La cotation par défaut est un point de départ, jamais un verdict. Sur la chaleur et sur le froid, la fréquence tient entièrement à votre métier et à votre région, et c’est le curseur que vous bougerez le plus.

Ce que la loi demande

Les articles ci-dessous sont ceux que portent les lignes de cette fiche, dans la colonne « Article » de notre matrice. Chaque lien ouvre le texte sur code.travail.gouv.fr, qui affiche sa version en vigueur.

  • La chaleur a désormais sa propre section. Les articles R4463-1 à R4463-8 portent l’évaluation du risque lié à la chaleur, les mesures à prévoir, l’eau potable fraîche, l’adaptation de l’organisation du travail et l’information des salariés. Ils viennent du décret n° 2025-482 du 27 mai 2025. Articles R4463-1 et R4463-2 du code du travail, en vigueur depuis le 1er juillet 2025
  • Les locaux fermés se chauffent convenablement. Le code parle de température convenable plutôt que d’un nombre de degrés, et il laisse la mesure à l’appréciation de l’employeur au regard de l’activité. Article R4223-13 du code du travail
  • Les conditions de température se prennent en compte. Parmi nos lignes, 25 citent l’article qui porte la protection contre les conditions atmosphériques et les températures excessives. Article R4223-15 du code du travail
  • L’eau potable et fraîche reste due. L’employeur met à disposition de l’eau potable et fraîche pour la boisson, et il en assure l’accès au poste. Articles R4225-2 et R4225-1 du code du travail
  • Les postes extérieurs se protègent. L’article porte l’aménagement des postes de travail extérieurs contre les conditions atmosphériques. Article R4225-1 du code du travail

Articles relevés dans notre matrice, fiche 12, le 14 septembre 2026. Le repère de 30 degrés en activité sédentaire vient de l’INRS : le code du travail ne fixe pas de température maximale.

Ce que nous faisons pour vous

Ce risque occupe 65 lignes de notre matrice. Vous répondez à des questions sur votre activité et sur vos locaux, et seules les lignes que vos réponses appellent entrent dans votre document unique. Chacune arrive avec sa situation écrite, ses dommages, ses personnes exposées, sa cotation par défaut, ses protections déjà courantes, ses mesures à prévoir, sa source et son article.

Vous gardez la main sur tout : vous déplacez une cotation, vous retirez une ligne qui ne vous concerne pas, vous écrivez vos propres mesures. Le document sort en PDF prêt à signer, avec son classeur Excel de suivi et l’avis d’accès à afficher en dernière page.

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À partir de 79 €, prix fixe selon votre secteur. TVA non applicable, article 293 B du code général des impôts. Pour aller plus loin : les vingt risques de notre matrice, vérifier mes obligations, ou comprendre le DUERP.

Comment cette page est écrite

Cette page est écrite par L’ESSENTIEL DUERP, à partir des publications de l’Institut national de recherche et de sécurité et des textes du code du travail. Chaque ligne porte sa source.

Les situations, les cotations et les phrases de justification de cette page viennent de notre matrice de risques, écrite à partir des publications de l’INRS ouvertes le 11 septembre 2026. Chaque article cité ouvre sur code.travail.gouv.fr, qui affiche sa version en vigueur.

Outil d’aide à la rédaction. Ne constitue ni un conseil juridique ni une intervention en prévention. L’employeur réalise l’évaluation, valide le contenu et reste seul responsable de son document. Cette page présente des informations à caractère documentaire, elle ne répond à aucune situation individuelle. Les cotations proposées sont des points de départ, à reprendre au regard de votre propre organisation.